Célébration de la journée internationale des Droits de l’homme Edition du 10 décembre 2023

En associant sa voix à la célébration de la journée internationale des Droits de l’homme, ce 10 décembre 2023, le Réseau francophone pour l’Egalité des Femmes et des Hommes (RF-EFH) créé en octobre 2013, à l’initiative de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), est toujours dans la constance et la dynamique de promouvoir les droits des femmes, à travers des réflexions, des plaidoyers et la mobilisation, au sein de l’espace francophone et sur la scène internationale.

Point n’est besoin d’épiloguer longuement autour de la thématique retenue cette année, pour convenir qu’elle est en adéquation avec la situation des femmes particulièrement :

DIGNITÉ :  les violences basées sur le genre font perdre aux femmes toute dignité

LIBERTÉ :  les situations de conflits et autres privent les femmes de liberté et font d’elles des esclaves sexuelles dans beaucoup de cas.

JUSTICE :  les femmes subissent l’injustice constamment et surtout par manque de moyens.

Les problématiques de l’égalité Femme / Homme sont à beaucoup d’égards confrontées aux violences basées sur le genre, surtout dans les zones en conflit et ce, surtout en Afrique                                                        

Cette situation interpelle les consciences et nous amène à revoir le fondement de notre combat, qui est basé sur l’équation de l’égalité Femme / Homme et le respect des Droits des femmes.

En effet, un examen rapide des faits, montre à l’évidence que cette problématique n’évolue pas positivement, encore moins dans les zones à conflits, où les violences s’amplifient. Violences verbales, violences physiques, tel est le lot quotidien des femmes, en Afrique, dans notre espace francophone et sans doute aussi à l’échelle mondiale.

Les crises que vivent beaucoup de nos pays africains ont essentiellement pour cause les conflits d’intérêts, avec au centre la misère de nos populations et les femmes sont au cœur même du phénomène : forte féminisation de la pauvreté, exploitation des femmes en tant qu’esclaves sexuelles, utilisation de leurs corps, comme champs de bataille, impunité totale envers les auteurs des crimes, ce qui favorise l’ampleur des viols et des violences basées sur le genre.

Dès lors, nous, femmes, devons justement faire en sorte que pendant ces crises nous ayons un rôle majeur, affirmé, à jouer, de manière à échapper à tous ces sévices et servitudes. Les situations d’ambivalence où on ne nous reconnait de la valeur qu’occasionnellement doivent être combattues : quand il s’agit par exemple que nous servions de rempart, pour éteindre le feu allumé par les hommes, nous sommes utiles et après nous sommes laissées en rade, avec nos problèmes.

 Désormais, ce qui convient, c’est de définir un mécanisme bien pensé, où notre place doit être autour des tables des négociations et nous devons être reconnues comme médiatrices à part entière, à cause de notre rôle séculaire de détentrices et de conservatrices de certaines valeurs ancestrales, telles l’humilité, le sens du pardon, l’amour de son prochain, le sens de l’honneur, le respect de l’autre (pour ne citer que celles-là), qui justement font défaut dans l’éducation de nos jeunes d’aujourd’hui, avec comme  conséquence déplorable la perte totale des repères.  

Une telle problématique appelle des actions d’envergure, au niveau de nos systèmes éducatifs.  Pour cela, l’accent devra être mis sur la révision des curricula du cycle fondamental des enseignements et des écoles de formation des instituteurs. L’intégration de l’éducation à la citoyenneté et à la paix permet de faire asseoir les bases de la démocratie et des Droits de l’homme, elle renforce la compréhension mutuelle et la cohésion sociale.

L’approche systémique qui se dégage de l’éducation, nous permet justement de voir, qu’elle est surtout capable d’exercer son puissant rôle de catalyseur pour le changement de comportements et conduire à la paix.

Aujourd’hui, les préoccupations et les discussions tendent de plus en plus à prendre en considération les priorités sensibles au genre, que sont les violences sexuelles et leurs conséquences durables sur les femmes, les filles et l’ensemble de la société, aussi bien en période de conflit que de post-conflit.

De nos jours, le viol est la forme extrême de la violence faite aux femmes. Il est l’expression des rapports de domination entre les sexes. Souvent, il enferme la victime dans une honte morale mais aussi dans une blessure secrète, qui atteint la partie la plus intime de la personne, constituant ainsi un traumatisme irrémédiable. Essayons juste un instant de cerner la terreur de cette victime, même au-delà du viol, la terreur d’être engrossée, d’être contaminée par le sida ou pire, la terreur de perdre la vie. Sachant que les traumatismes physiques et biologiques, on en guérit parfois, mais le traumatisme psychique, souvent beaucoup plus grave parce que non traité, détruit des vies avec toutes sortes de conséquences psychologiques. En période de conflit, les viols sont utilisés comme armes de guerre par les assaillants pour affaiblir l’autorité de l’Etat. Aussi, il s’agit de l’effondrement du système des valeurs lié au climat de violence sociale

Le leadership des femmes, seule condition pour leur accession aux instances de prise de décisions doit permettre l’éradication des violences basées sur le genre, la lutte contre la pauvreté, l’autonomisation et les questions essentielles à leur émancipation, telles qu’édictées par la conférence mondiale de Beijing, à travers les douze domaines critiques, et reprises en termes de recommandations qui jusque-là piétinent dans leurs réalisations.

Il est temps de sauver l’humanité par des mesures d’envergure pour faire avancer significativement la cause des femmes et ceci par souci des dix principes qui sous -tendent les Droits de l’homme, particulièrement en ce qui concerne « la dignité, la liberté et la justice pour tous.

Dorothée Aimée MALENZAPA Membre de la coordination du RF-EFH

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