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À l’occasion de la 70ème session de la Commission de la condition de la femme (CSW70), le Réseau Francophone pour l’Égalité Femme-Homme (RF-EFH) a organisé deux panels de haut niveau. L’objectif : passer du constat à l’action pour que les droits des femmes ne soient plus des promesses sur papier, mais une réalité tangible.
Dans un contexte international préoccupant, où les acquis des droits des femmes font face à des résistances croissantes, le RF-EFH a porté un message d’urgence : l’égalité n’est plus une option, c’est un impératif de justice et de performance.
Le secteur privé, nouveau moteur de justice économique
Le panel du 11 mars 2026, modéré par Sarah Mantah, a bousculé les paradigmes habituels en positionnant l’entreprise comme un acteur politique et social de premier plan. Les échanges ont démontré que l’égalité au travail ne doit plus être cantonnée à une « RSE cosmétique » ou à un simple affichage. Elle doit désormais s’intégrer au cœur du business case des entreprises, avec des financements réels et des indicateurs de performance transparents.
L’un des moments forts de cette rencontre fut la signature symbolique d’engagement aux WEPs (Women’s Empowerment Principles) par le Groupe Passion Prestige (Madagascar), représenté par sa CEO Olga Collet. Cet acte illustre la volonté des entreprises du Sud de passer du discours aux mécanismes contraignants pour briser le plafond de verre. Le panel a également rappelé l’urgence de changer d’échelle financière : alors que moins de 2% des financements mondiaux atteignent les organisations de défense des droits des femmes, le secteur privé a le pouvoir d’activer des leviers majeurs, comme l’éga-conditionnalité dans les marchés publics.
Conventions internationales : briser l’impunité juridique
Le second rendez-vous, tenu le 12 mars sous la modération d’Evelyne Kemajou, s’est penché sur l’arsenal juridique mondial. Si les instruments comme le Protocole de Maputo, la Convention d’Istanbul ou celle de Belém do Pará constituent des boucliers théoriques puissants, leur « domestication » dans les lois nationales, leur respect et leur application restent les principaux défi.
Les expertes réunies ont souligné que la redevabilité des États est la clé : sans mécanismes de suivi indépendants et rigoureux, les traités ratifiés restent des promesses sans lendemain. Dans un monde sujet au recul des droits, l’espace francophone doit agir comme un rempart solidaire pour diffuser les meilleures pratiques de protection et garantir que les piliers régionaux deviennent inviolables.





Le succès de cette mobilisation historique à New York repose sur une collaboration exemplaire. La Coordination du RF-EFH exprime sa profonde gratitude à l’Unité Égalité Femme-Homme de l’OIF ainsi qu’à la Représentation permanente de l’OIF à New York pour leur soutien stratégique et leur accueil.
Nous saluons également l’expertise de nos intervenants et le soutien précieux de nos partenaires, ainsi que nos équipes techniques. Ensemble, nous avons démontré que la Francophonie est une force de proposition incontournable pour faire de l’égalité une réalité vécue par chaque femme, du bureau à l’espace public.