Conférence mondiale sur le leadership féminin.

Organisé par le Réseau de soutien au leadership et à la participation politique des femmes et la Commission Entreprenariat Féminin du Groupement Inter-patronal du Cameroun, en partenariat avec l’Organisation Internationale de la Francophonie, ONU Femmes, l’Ambassade de France au Cameroun, avec le soutien institutionnel du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille et du Ministère des Relations Extérieures de la République du Cameroun.

  1. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’un cadre international de concertation dans lequel les experts venant d’une vingtaine de pays des espaces francophones et Commonwealth, vont d’entrée de jeu, identifier les moyens de consolider les acquis de la promotion des femmes aux postes de décisions dans le monde, et toucher du doigt les défis de la participation politique des femmes dans le monde en général, en Afrique en particulier, au regard des échéances électorales qui frappent à nos portes dans une dizaine de pays africains. Autrement dit, comment consolider les acquis et affronter les nouveaux défis de l’égalité de genre.

Les experts et les Avocats du Genre, vont doter les acteurs institutionnels, les opérateurs économiques et  les membres de la société civile des éléments de langage pour une stratégie de plaidoyer structurée, intelligible, cohérente, harmonisée et soutenue susceptible de faire évoluer les idées reçues ainsi que toutes les perceptions négatives dévalorisantes qui retiennent captives les femmes et inhibent l’expression de leur engagement citoyen dans la sphère publique.

 2.     Pourquoi cette rencontre ?

A la faveur des retombées de la visite officielle de Son Excellence Mme Michael JEAN, Secrétaire Général de La Francophonie au Cameroun en Avril 2015, cette rencontre que le Cameroun a l’honneur d’abriter, se situe dans le prolongement de la première édition tenue en 2009, dans une logique d’évaluation du cycle électoral, sur le thème « Les enjeux et défis de la participation politique des femmes aux élections de 2007», avec l’appui financier de UNIFEM, devenu ONU FEMMES en 2010.

La principale innovation de la 2e édition est la prise en compte du volet « entreprenariat féminin ». En effet, à l’issue de l’audit que nous avons réalisé en 2014 sur « Genre, leadership et participation politique au Cameroun en 1931 et 2013», nous avons réalisé deux choses qui constituent des défis à relever, à savoir :

  • La faible capacité financière des femmes en général et des entrepreneurs politiques féminin en particulier, par rapport à leurs homologues de l’autre sexe, qui sont dans mille et us réseaux d’affaires : il faut dont mettre en place un plan d’autonomisation économique des femmes pour un meilleur leadership politique à l’horizon 2018 et au-delà ;
  • L’ordre politique qui est une duplique conforme de l’ordre socio-culturel, dont des préjugés défavorables établis ne facilitent pas les ambitions et l’engagement des femmes dans l’espace public : il faut déconstruire ces schémas et reconstruire les mentalités à travers la sensibilisation, l’éducation et le plaidoyer institutionnel, avec l’appui des « Avocats du genre » que nous avons mis en place en novembre 2014 pour le compte de ONU FEMMES. Nous reviendrons sur toutes ces questions pendant la conférence.

Plusieurs raisons fondent donc cette conférence internationale en pertinence et en opportunité :

-Premièrement, l’évaluation de la mise en œuvre de la Plateforme d’action de Beijing montre qu’un écart important persiste entre l’égalité de droit et l’égalité dans les faits, et que la participation effective des femmes aux plus hautes sphères décisionnelles nationales et internationales a évolué de manière irrégulière et disproportionnée même dans les pays très avancés en matière de démocratie comme la France, la Belgique, la Suisse, etc. En effet, il subsiste un décalage entre le poids démographique, social et économique des femmes et leur représentation dans les instances de prise de décisions stratégiques. De manière constante, on note à l’échelle du monde : une faible présence des femmes dans les structures dirigeantes des firmes multinationales et autres entreprises (privées, publiques et parapubliques) ; une faible proportion de femmes exerçant les mandats électifs (moins de 15% dans la plupart des pays) ; s’agissant des femmes chefs de missions diplomatiques, entre 2007 et 2014 par exemple, leur proportion a évolué seulement de 7 %, allant de 7 à 14 % selon les statistiques de l’Union Interparlementaire de janvier 2014) ; des femmes officiers supérieurs de l’armée ; des femmes dans les structures de médiation des conflits ; une faible proportion des femmes dans les instances supérieures de la justice.… L’ on observe encore des niches d’inégalités entre les hommes et les femmes en dépit de la volonté politique et des politiques publiques consignées notamment dans le Document de Politique Nationale Genre (DPNG). Les récentes évolutions observées dans les statistiques de représentation politique féminine ne traduisent pas une dynamique d’ensemble forte et structurée des femmes. Ce retard s’exprime sous plusieurs facettes, y compris la qualité et la quantité de la participation politique et prend une ampleur considérable lorsqu’il se rapporte aux femmes évoluant dans les zones rurales et les autres sous-groupes vulnérables que sont les femmes handicapées et les populations autochtones (Pygmées, Bakas, Mbororos) dont les scores de pauvreté sont > 78%  selon le rapport 2012 de l’Institut National de la Statistique.

Cette conférence intervient à un moment crucial qui place les Objectifs de Développement Durables (ODD) Post 2015 au cœur des travaux et inscrit dans l’agenda des assises l’axe stratégique n°5 du Document de Politique Nationale Genre du Cameroun, notamment les objectifs opérationnels 1, 2, 3, qui ambitionnent opportunément de contribuer à l’amélioration du leadership et de la participation politique des femmes.

-Deuxièmement, le constat de l’absence des solutions opérationnelles adaptées aux situations des pays. En effet, cette conférence intervient au lendemain de la 59e session de la CSF et de l’adoption du nouvel agenda de développement durable (ODD) dont la ligne d’horizon est fixée à 2030.

Des analyses convergent pour placer au cœur des solutions de remédiation l’éducation et l’autonomisation économique des femmes pour une croissance économique inclusive des Etats. En effet, dans sa résolution 58/142 de 2004, le Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU) reconnaissait que « Le renforcement du pouvoir des femmes, leur autonomie et l’amélioration de leur situation politique, sociale et économique sont indispensables à l’instauration de gouvernements représentatifs, transparents et responsables et d’institutions démocratiques, ainsi qu’à la réalisation du développement durable dans tous les domaines de l’existence ».

-Troisièmement, le Cameroun comme beaucoup de pays qui seront présents à la conférence, fait face depuis quelques temps à l’émergence de l’insécurité à ses frontières, ainsi qu’aux avatars de l’intégrisme et de l’extrémisme violent, consécutivement aux attaques de boko haram.

Cet état de chose fonde la réflexion autour de la dynamique du rôle des femmes dans les processus de paix, c’est-à-dire avant, pendant et post-conflits, à l’aune de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies sur les femmes, la paix et la sécurité.

A ce sujet, le Réseau More Women in Politics organisera le 27 février 2016 une marche internationale de soutien de la société civile aux forces armées engagées au front contre le terrorisme dans tous les pays victimes de ces atrocités humaines, ainsi qu’aux victimes militaires et civiles dont la majorité se compte malheureusement parmi les femmes et les enfants. Puisqu’elles sont aussi de plus en plus utilisées des Instruments de Destruction Massive, nous entendons les sensibiliser, appeler à leur conscience et à la souvenance de ce qu’elles sont porteuses de vie et non de mort.

Ainsi conceptualisée et encadrée par les forces de sécurité et de maintien de l’ordre, cette marche ambitionne de mobiliser les Chefs de Missions diplomatiques et notamment les femmes, ainsi que toutes personnes désireuses de se joindre à cette action qui est avant tout une initiative de la société civile.

Les participantes et participants arboreront une écharpe noire avec des messages de sensibilisation destinés aux femmes, celles-ci étant de plus en plus utilisées comme des « Instruments de Destruction Massive » des vies humaines, toutes choses qui vont à l’encontre de la RESOLUTION 1325 DU CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS-UNIES qui reconnaît le rôle majeur des femmes dans les processus de PREVENTION DES CONFLITS, DE MEDIATION, DE NEGOCIATION ET DE CONSOLIDATION DE LA PAIX.

La marche qui commencera à 8 heures, partira du Rond-point de La Poste centrale au Rond-point du Premier Ministère où nous ferons une déclaration et remettrons le papier de positionnement préparé par la société civile sous notre coordination, au Gouverneur de la région du Centre.

Les participants(es)

Environ 300 participants dont 250 locaux et 50 internationaux. Dans la mesure où la conférence est marquée du sceau du partage d’expériences et de production de contenus, les participants auront en commun d’être des personnes ressources issues des pays cités en exemple en matière de promotion de la participation des femmes dans la vie publique. Il s’agit pour l’Afrique des pays susceptibles de partager une bonne pratique en la matière, ou vivant des problématiques en rapport avec les thématiques de la Conférence. Il s’agit des pays qui ont déjà confirmé leur présence à ce jour tels que : le Gabon, la RCA, le Tchad, le Nigéria, la RDC, le Rwanda, le Bénin, le  Burundi, la Côte-d’Ivoire, le Sénégal, le Togo,  le Soudan, le Kenya, l’Afrique du Sud, l’Ethiopie, Madagascar, l’Ile-Maurice, la France, la Belgique, la Suède, le Canada, les Etats-Unis, la Suisse, entre autres.

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