Conference de Yaounde

« Conférence Internationale sur le Leadership, les élections et la Participation Politique des Femmes (CMLPPF), 2ème édition ».

Lors de ces importantes assises, il sera question entre autres de partager et diffuser les conclusions agréées de la 59e session de la Commission sur le Statut de la Femme (CSF). Elles constituent un cadre de concertation, d’échanges d’expériences et de stratégies avec les Avocats du Genre, de planification et de production, afin de doter les acteurs institutionnels et de la société civile des éléments de contenus nécessaires à la formulation des initiatives visant l’implémentation des conclusions agréées de la 59e session de la CSF, et de créer un environnement social favorable au succès des activités dédiées à l’amélioration du leadership et de la participation politique des femmes dans le monde en général, et au Cameroun en particulier, à l’horizon 2018 (année électorale qui verra l’organisation de 4 scrutins : présidentielle, sénatoriale, législative et municipale). Cette conférence a pour slogan : « Construisons la démocratie et la paix avec les femmes ».

Plusieurs raisons fondent cette conférence internationale en pertinence et en opportunité

-Premièrement, la problématique de la mise en cohérence entre les dynamiques internationales et internes en matière de promotion politique des femmes, est d’une actualité brulante. En effet, l’évaluation de la mise en œuvre de la Plateforme d’action de Beijing montre qu’un écart persiste entre l’égalité de droit et l’égalité dans les faits, et que la participation effective des femmes aux plus hautes sphères décisionnelles nationales et internationales a évolué de manière irrégulière et disproportionnée. En effet, il subsiste un décalage entre le poids démographique, social et économique des femmes et sa représentation dans les instances de prise de décisions. De manière constante, on note à l’échelle du monde : une faible présence des femmes dans les structures dirigeantes des firmes multinationales et autres entreprises (privées, publiques et parapubliques) ; une faible proportion de femmes exerçant les mandats électifs (moins de 15% dans la plupart des pays) ; une faible proportion des femmes Chefs d’Etats et de gouvernements ; des femmes chefs de missions diplomatiques (entre 2007 et 2014 par exemple, la proportion des femmes Chefs de mission diplomatique a évolué seulement de 7 %, allant de 7 à 14 % selon les statistiques de l’Union Interparlementaire de janvier 2014) ; des femmes officiers supérieurs de l’armée ; des femmes dans les structures de médiation des conflits ; une faible proportion des femmes dans les instances supérieures de la justice.… Tout ceci suscite une interrogation légitime sur les mécanismes de recrutement dans le top management, ou plus précisément sur les raisons objectives et subjectives qui consacrent l’absence des femmes dans les instances de prise de décision et de régulation sociale. Cette situation qui est saisissante – à l’heure de l’évaluation des OMD, et plus spécifiquement de l’OMD 3 qui traite de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes – contraste avec les acquis en termes de conventions et autres traités reconnaissant le droit a la participation des femmes à la prise de décision ou encore avec les engagements internationaux des gouvernements.

Ces raisons tiennent elles d’un déficit de stratégie dans la mise en œuvre des recommandations, ou d’une faible volonté politique des acteurs ?

-Deuxièmement, le constat de l’absence des solutions opérationnelles adaptées aux situations des pays. En effet, cette conférence intervient au lendemain de la 59e session de la CSF, qui a permis de faire une évaluation sans complaisance du niveau de réalisation des résolutions et objectifs de la conférence de Beijing sur les plans local, régional et mondial, ainsi que des OMD notamment l’objectif n°3 qui se rapporte à l’égalité des sexes et l’autonomisation de la femme. Cette intense activité d’évaluation a permis de réunir dans une unité de temps et d’espace, les acteurs pertinents à l’échelle locale, régionale ou mondiale pour faire un état des lieux, dégager les perspectives et formuler des suggestions mélioratives en vue du changement. Il ressort de cette évaluation que, de manière constante, les recommandations issues des rencontres internationales passées (y compris celles de Beijing) n’avaient pas donné lieu à l’élaboration des stratégies adaptées aux contextes locaux, ce qui a pu justifier leur faible implémentation. Cette lacune a conduit à la formulation des plans d’action faiblement adaptées et donc inefficaces.

-Troisièmement, le contexte mondial dans lequel s’inscrit la présente initiative est celui de la montée de l’insécurité consécutive à l’émergence des groupes terroristes d’essence djihadistes, doublée de l’aggravation des facteurs de vulnérabilité et de toutes les formes de trafics dangereux qui mettent à mal la cohésion des sociétés humaines et annihilent du projet démocratique sur le plan universel. Une analyse étiologique de la montée de la violence permet d’attester qu’elle est corrélée à la faillite ou la rupture du projet démocratique sur le plan international. Une façon de dire que cette violence trouve ses fondements objectifs dans les injustices et les discriminations qui structurent les relations internationales.

Cependant, plusieurs analyses convergent pour placer l’éducation et la participation politique des femmes au cœur des solutions de ré-médiation. En effet, dans sa résolution 58/142 de 2004, le Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU) reconnaissait que « Le renforcement du pouvoir des femmes, leur autonomie et l’amélioration de leur situation politique, sociale et économique sont indispensables à l’instauration de gouvernements représentatifs, transparents et responsables et d’institutions démocratiques, ainsi qu’à la réalisation du développement durable dans tous les domaines de l’existence ». En adoptant cette résolution, le CSNU s’appropriait les intensions de Beijing et lui donnait plus de vigueur. Il s’agissait de situer la participation politique de la femme dans le cadre d’une gouvernance démocratique mondial permettant de garantir la paix et le développement durable.

-Quatrièmement, la situation particulière du contexte camerounais. Le Cameroun fait face depuis quelques temps à l’émergence de l’insécurité à ses frontières (consécutivement aux attaques de boko haram et à la crise centrafricaine). En outre, l’on y observe encore des niches d’inégalités entre les hommes et les femmes en dépit de la volonté politique et des politiques publiques consignées notamment dans le Document de Politique Nationale Genre (DPNG). Les récentes évolutions observées dans le cadre des statistiques de représentation politique féminine ne traduisent pas une dynamique d’ensemble forte et structurée des femmes. Ce retard s’exprime sous plusieurs facettes, y compris la qualité et la quantité de la participation politique et prend une ampleur considérable lorsqu’il se rapporte aux femmes évoluant dans les zones rurales et les autres sous groupes vulnérables que sont les femmes handicapées et les populations autochtones (Pygmées, Bakas, Mbororos) dont les scores de pauvreté sont > 78% (Institut National de la Statistique, 2012). En examinant en profondeur le désintérêt de ces groupes pour la politique en général et la faible représentativité qui en résulte (la représentativité politique des femmes rurales dans leurs communes de résidence < 1%. Pire encore, la représentation politique locale des femmes issues des peuples autochtones, des femmes handicapées, des femmes albinos = 0% ; NMWP, 2013). Il apparaît qu’il tient à de nombreux facteurs objectifs et subjectifs qui tendent à se systématiser.

            En effet, la participation politique des femmes au Cameroun offre un contraste saisissant : la forte présence des femmes rurales dans les structures de base des partis politiques ne rime pas avec leur expression politique. Les femmes rurales demeurent une majorité silencieuse qui peine à exprimer sa volonté et son autonomie, alors même que du fait de son poids démographique (55% du corps électoral, Recensement Général de la Population et de l’Habitat 2005), elles peuvent non seulement exprimer le déterminant genre dans la gestion des affaires publiques en pesant efficacement sur les politiques publiques sur les plans national et local, mais aussi, accélérer la réduction des inégalités et l’avènement d’une société égalitaire et pacifiée.

            Cette conférence intervient à un moment crucial qui place les Objectifs de Développement Durables (ODD) Post 2015 au cœur des travaux et inscrit dans l’agenda des assises de l’axe stratégique n°5 du Document de Politique Nationale Genre du Cameroun, notamment les objectifs opérationnels 1, 2, 3, qui ambitionnent opportunément de contribuer à l’amélioration de la participation politique de la femme.

lieu et participants(es)

La conférence  se tiendra au Palais des congrès de Yaoundé les 28, 29 et 30 octobre 2015.

Environ 300 participants dont 250 locaux et 50 internationaux. Dans la mesure où la conférence est marquée du sceau du partage d’expériences et de production de contenus, les participants auront en commun d’être des personnes ressources issues des pays cités en exemple en matière de promotion de la participation des femmes dans la vie publique. Il s’agit pour l’Afrique des pays susceptibles de partager une bonne pratique en la matière, ou vivant des problématiques en rapport avec les thématiques de la Conférence. Il s’agit entre autres : Gabon, RCA, Tchad, RDC, Congo, Rwanda, Bénin, Côte-d’Ivoire, Sénégal, Togo, Sénégal, Madagascar, Maurice, France, Belgique, Canada, USA, Suisse, entre autres. Globalement, les participants seront identifiés au sein des catégories sociales ou socio professionnelles suivants :

  • acteurs étatiques ou politiques pertinents (représentants/tes des ministères en charge du Genre, des élections, de la Justice, Parlementaires, Maires, responsables de partis politiques, etc.)
  • organisations de coopération bilatérale et multilatérale
  • ambassades
  • institutions nationales pertinentes
  • organisations de la société civile locales œuvrant sur les questions de genre ou de démocratie (Réseau des Femmes, Organisations à base communautaire (OBC), etc.)
  • Universitaires et chercheurs.
  • Consultants
  • Artistes et professionnels des média
  • Leaders communautaires et religieux
  • Organisations de promotion, de protection et de défense des droits de l’Homme
[1] Au Cameroun, on note ces dernières années, un réel mouvement de promotion politique de la femme que ce soit au niveau du parlement, dans le commandement territorial ou dans l’armée. Mais, cette dynamique demeure tributaire d’une magnanimité présidentielle. Elle ne procède par d’une démarche cohérente qui s’accompagne des changements sur les plans institutionnels et socio juridique.

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