Ateliers à l’Institut de la francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF)

                                                                                                   

Enjeux et défis de l’autonomisation des femmes :  le rôle primordial de l’éducation et de la formation :

Le contexte de l’atelier ?

Que représente la Francophonie dans la géopolitique sécuritaire et de paix actuellement dans le monde ? Au niveau Global ? Régional ? National ?

C’est parce que depuis la fin du XXème siècle, le Monde est  marqué par un cycle de violence sans discontinuité. Certaines régions du monde : -l’Afrique, à travers le génocide rwandais, les guerres civiles congolaise, libérienne, sierra-léonaise; mais aussi, l’Europe et sa crise des Balkans- nous ont offert un spectacle d’une cruauté extrême : des populations civiles prenant le chemin de l’exil, des civils massacrés, des enfants, femmes et vieillards, couches les plus vulnérables, livrés à eux-mêmes, à la merci des seigneurs de guerre, et/ou conscrits dans les troupes rebelles ; et depuis les années 2000, la complexité  de la question sécuritaire n’ a fait que croitre avec l’ apparition et la prégnance des phénomènes lies au fondamentalisme religieux , au terrorisme , au djihadiste …….

Ensuite, c’est que depuis plus d’une décennie maintenant, la Francophonie est devenue un des principaux acteurs de la géopolitique internationale. Elle est devenue incontournable dans les débats internationaux et  est interpelée, consultée dans la gouvernance des questions politiques  de développement à tous les niveaux.

Enfin, que notre Réseau,  le RFEFH qui fédère  des réseaux de sociétés civiles qui sont tous préoccupés par l’égalité, l’ équité et la justice  entre les hommes et les femmes n’ a cessé de dire que les francophones et la francophonie en général , ne sont pas assez visibles dans le domaine de la paix et de la sécurité et qu’ il nous  fallait aller à l’ échelle.

Les besoins en Education et Formation en paix et sécurité EN PARTICULIER DES FEMMES ET DES FILLES ?

Nous savons en effet que les femmes sont actrices de paix, de sécurité et de stabilité dans nos pays, dans nos régions et dans le monde dans le cadre de la prévention des conflits ouverts ou larvés, des négociations de paix, lors d’élections etc……et qu’ aux termes des textes , Conventions , Résolutions signées et ratifiées par nos Etats , en particulier la Résolution 1325 de Juillet 2000 , tous les mécanismes  crées devraient être harmonisés pour « que les femmes soient davantage représentées à tous les niveaux de prise de décisions dans les institutions et mécanismes nationaux, régionaux et internationaux pour la prévention, la gestion et le règlement des différends. »

Les prérequis sont clairs et si les femmes n’ont pas pu répondre aux offres de service formulées par le système des Nations Unies et autres institutions de même nature, c’est par manque d’  éducation et de formation  en ces disciplines.

Cependant,  les femmes  ne sont pas uniquement des victimes ! Nous les avons  vues actrices, volontaires ou non, dans la phase conflictuelle, en tant que combattantes. Elles deviennent aussi, de plus en plus, des actrices dans la phase post-conflictuelle, en particulier dans les processus de paix, de réforme des secteurs de sécurité (RSS) et de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), dans les politiques de reconstruction et de développement ainsi que dans le processus électoral.

En leur qualité de vectrices de paix, de sécurité et de stabilité : elles sont détentrices de valeurs et militent  pour une  culture de la paix. Elles sont des  médiatrices  communautaires  avérées et sont capables d’amortir les tendances lourdes qui plombent les situations de paix et de sécurité dans les communautés de base.

Les compétences et /ou les expertises utiles ou nécessaires qui justifient leur éducation et formation en paix et sécurité ?

  • Education : information et formation.
  • Connaissances des textes, Conventions, Résolutions du système des Nations Unies,
  • Alerte rapide, Médiation et Dialogue, Gestion de crise, Justice transitionnelle et réconciliation, Aide au développement sensible aux conflits, Mise en place et réforme d’institutions etc.

 

Les attendus de l’IFEF ?

  • Visiter les textes et programmes enseignés à l IFEF.
  • Créer des modules d’éducation et de formation à la Paix et à la Sécurité et à la Stabilité des pays, à l’égalité femme/homme ou réaménager ceux qui existent pour tenir compte de ces nouveaux paradigmes.
  • Nouer des partenariats avec les Instituts et Centres d’Excellence qui travaillent dans les domaines cites et organiser des ateliers de formation périodiques, en associant les autres aires linguistiques.
  • Organiser des sessions de formation en paix et sécurité selon les besoins des différentes régions de la francophonie et les profils différents des personnes concernés.

Les mutations essentielles portées par l’Education et la Formation des femmes et des filles en francophonie :

La contribution de l’éducation et de  la formation en paix et sécurité à l’autonomisation des femmes et des filles dans l’espace francophone passe nécessairement par une attention plus soutenue sur ce sujet par notre Institution. Il lui faut  investir plus et mieux dans le domaine de l’éducation et de la formation en paix et sécurité pour  que dans des délais raisonnables, elle puisse disposer d’experts et de compétences susceptibles de contribuer avec succès aux différents processus, mis en œuvre  dans les pays, régions et au niveau global.  C’est le prix de l’autonomisation des femmes et des filles francophones  dans la Gouvernance  Mondiale de la Paix et de la Sécurité.

 Conclusion :

Les membres de notre réseau sont particulièrement sensibles à la mise en œuvre de politiques d’éducation qui englobent des domaines d’intervention larges et nouveaux tels que les problématiques de paix et sécurité, de violences faites aux femmes et aux jeunes filles, le développement durable . La participation effective  des filles et des femmes dans les domaines de la paix, de la sécurité  et de la stabilité est un moyen efficace de combattre les inégalités et les discriminations qui font le lit des conflits et qui créent les intolérances  au sein de la société.

 

Intégrer l’équilibre du Genre dans les Programmes d’enseignement de l’IFEF

L’égalité femme-homme/fille-garçon constitue un enjeu crucial de développement dans tous les pays francophones. Son intégration dans les programmes d’enseignement viendrait en appui aux politiques et mécanismes institutionnels, nationaux et internationaux, destinés à réduire les disparités existant entre les sexes. En effet, le principe même de l’égalité est un principe posé comme  fondateur de nos sociétés, stipulant que tous les citoyens sont égaux en droits et donc, en matière scolaire. Et pour cela, ils devraient avoir les mêmes dispositions, les mêmes opportunités, les mêmes chances, conformément aux ODD5 et 10.

Indispensable à l’émancipation effective de la personne, le principe de l’égalité femme-homme nécessite la mise en place d’outils, de moyens à déployer pour faire face aux inégalités qui subsistent. Son importance se trouve notamment exprimée dans les textes ci-dessous :

  • la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF, 1979)
  • la Déclaration de Pékin, suite à la quatrième conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes de 1995, qui recommande un « enseignement non discriminatoire contribuant à instaurer des relations plus égalitaires entre les femmes et les hommes»;
  • la Conférence de Luxembourg en 2000 préconisant fortement le renforcement  du statut des femmes et une intégration transversale de la dimension Genre,  qui suppose qu’une analyse comparative entre les sexes soit menée préalablement à tout déploiement de projets ».
  • Le Protocole de Maputo
  • Le Protocole additionnel de la CEDEAO

Il est donc nécessaire que la culture de l’égalité et du respect mutuel soit inclus dans l’ensemble des objectifs d’éducation de l’IFEF.

Renforcer les compétences Professionnelles des instituteurs avec peu ou sans formation initiale ·    Enoncer clairement dans la formulation des programmes d’enseignement de l’IFEF, que la réalisation de l’égalité entre filles et garçons, entre hommes et femmes constitue, à tous les niveaux d’enseignement, un objectif éducatif à part entière. La question de cette égalité dans les objectifs visés doit être considérée et reconnue comme une dimension transversale à intégrer à tous les niveaux de la réflexion, de la décision et de l’opérationnalisation;

·   Mettre en place et/ou renforcer les actions de sensibilisation et de formations initiales et/ou continues,  intégrant la dimension genre, destinées exclusivement à tout le personnel de l’enseignement (enseignant(e)s, responsables d’établissement, conseiller(e)s pédagogiques, personnel scientifique, personnel d’encadrement, etc.).

·    Donner une formation théorique solide en études de genre aux futurs enseignant (e)s

 

Améliorer des méthodes d’enseignement (en/du français dans le respect des langues nationales, des sciences, de la citoyenneté etc.) à la faveur des pratiques innovantes et de nouveaux outils didactiques ·    Définir des référents (des indicateurs et/ou des critères de référence, des normes de qualité, indice d’égalité de genre etc.) afin d’orienter les programmes vers des cibles concrètes et de pouvoir les évaluer.

·    Faire appel à des experts en Genre dans la construction de curricula officiels (manuels, supports de cours, épreuves d’évaluation) afin de veiller à l’absence de stéréotypes de genre dans les référentiels.

·    Mettre en ligne les productions scientifiques relatives à la dimension du genre dans le système éducatif sur les sites de l’IFEF et de l’OIF pour une meilleure vulgarisation de la pratique.

·    Initier de nouveaux programmes répondant aux nouveaux paradigmes des sociétés francophones : la question de la sécurité, de la stabilité des pays, du fondamentalisme religieux, du terrorisme etc…

·    Introduire dans la formation des journées scientifiques « girls day, boys day » destinées à sensibiliser les élèves et les enseignant (e)s aux stéréotypes de genre dans les choix d’orientation scolaire et professionnelle.

·    Introduire l’enseignement de la Resolution1325 dans les écoles primaires avec des outils didactiques adaptés.

Venir en appui aux acteurs nationaux impliqués dans la définition des stratégies nationales de formation continue des enseignants du primaire. ·    Partager avec le Ministère de l’Education nationale et le Ministère de la Femme, de la Famille et du Genre, les programmes d’enseignement visant l’égalité femme-homme dans tous les niveaux d’éducation, en lien avec les cadres conceptuels relatifs à la dimension Genre, établis par ces ministères.

·   Restituer aux structures nationales (ministères, établissements d’enseignement etc.) des données ventilées par sexe accompagnées de lignes directrices pour pouvoir les utiliser en vue de l’application du principe d’égalité des sexes ;

·   Aller à l’échelle et établir un Code de l’éducation Nationale intégrant les principes de base de l’égalité entre les femmes et les hommes, conformément aux ODD5 et 10.

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